KACEY MOTTET KLEIN ET GALLATEA BELLUGGI
KEEPER
UN FILM DE GUILLAUME SENEZ

La Tribune de Genève - Kacey Mottet-Klein a grandi

Le jeune comédien romand révélé par Ursula Meier sera à l’affiche dès mercredi dans «Keeper».

On l’avait plus ou moins quitté en 2012, dans L’Enfant d’en haut d’Ursula Meier. Puis on l’avait revu de loin en loin dans différents films, comme Gemma Bovery d’Anne Fontaine. Aujourd’hui, Kacey Mottet-Klein, 17 ans, a grandi. Et on le retrouve dans la peau d’un ado, au générique de Keeper de Guillaume Senez, dans lequel il est confronté aux premières amours et à la paternité. L’occasion de faire le point avec lui.

Comment vous êtes-vous préparé à ce rôle de jeune père malgré lui?

En gardant mon insouciance. Mais avant, on est allés visiter des centres de grossesse. C’est là que j’ai pris conscience de ce qu’impliquait ce type de problèmes. Guillaume Senez, qui m’avait contacté sur les conseils d’Ursula Meier, avait peur que je sois trop jeune pour le rôle. Elle lui avait juste dit de ne pas s’inquiéter. Le film résulte d’un gros travail d’entente et est fait en partie en improvisant. Mais selon un canevas très écrit.

A la place de votre personnage, auriez-vous gardé l’enfant?

Non, j’aurais fait comme lui.

«Keeper» signifie gardien de but, en anglais. Dans le film, votre personnage fait du foot à un niveau pro. Quel est votre rapport au foot?

Je suis surtout un footeux du dimanche. J’en ai fait un petit peu, comme gardien, au FC Bussigny. Mais sinon, je ne regarde pas plus que ça.

Après Ursula Meier, est-il facile de s’adapter aux autres réalisateurs?

Ursula Meier ou pas, un tournage, c’est un peu toujours la même chose. Elle m’a donné de bonnes bases. Elle m’a appris à incarner un personnage. Et puis, elle, tant qu’elle n’obtient pas le résultat qu’elle veut, elle ne lâche rien. Après, sur chaque tournage, il y a une part de redécouverte. J’ai de la chance, pour l’instant, tous mes tournages se sont bien passés.

Vous avez arrêté l’école en 2014. Pourquoi?

Parce que j’ai envie de continuer à jouer, que c’est ma passion, et que dans la vie, il faut faire ce qu’on aime.

En 2016, on vous reverra dans le prochain film d’André Téchiné, «Quand on a 17 ans». Que pouvez-vous en dire?

Le rôle est difficile, car il parle d’homosexualité. Pour Téchiné, c’est un retour aux Roseaux sauvages, l’un de ses plus gros succès. Le tournage représentait un défi. Je devais embrasser un garçon, simuler l’amour. J’en ai pas mal discuté avec mon partenaire, lui aussi hétérosexuel. On a conclu que si on voulait un bon résultat, il fallait s’en foutre et y aller. Donc je me suis libéré.

Aimez-vous les festivals et le monde du cinéma?

Pour y rencontrer des gens, ça va. Mais sinon, ce monde de strass et de paillettes ne m’attire pas du tout. Ce n’est pas ça, le cinéma.

Vous aviez d’ailleurs été repéré par Ursula Meier pour «Home» suite à un casting sauvage. Comment cela s’était-il passé?

C’était à Ouchy, en 2007. En fait, c’est Elena Tatti, la productrice, qui m’avait repéré. J’ai fait ensuite deux castings avec Ursula. Elle m’a dit qu’elle voulait former un acteur. Elle croit beaucoup en moi.

Oui, elle a même fait un petit portrait de vous qui s’appelle «Kacey Mottet-Klein, naissance d’un acteur».

C’était comme un cadeau qu’elle a voulu me destiner. Un film personnel qui répondait à un projet de capsule lancé par l’association La lanterne magique.

Ce métier vous fait-il peur?

Jusqu’à présent, non. Mais maintenant qu’on va me proposer des rôles d’adultes, je vais avoir plus peur. Et puis, je sais que dans ce métier, on vous oublie vite.

Y a-t-il des rôles dont vous auriez envie?

J’aimerais bien jouer un policier. Ou un méchant. Et si on me proposait un blockbuster, je ne dirais pas non. Si on m’appelle pour passer le casting du prochain James Bond demain, j’y cours direct.

Aimez-vous vous revoir à l’écran?

Ce serait mentir d’affirmer le contraire. Mais je préfère me revoir quand je suis tout seul. A Locarno, je me suis par exemple glissé en douce à la séance de presse de Keeper, alors qu’on m’avait déconseillé de le faire.

Quel a été votre rôle le plus facile?

Aucun ne l’est. Il faut chaque fois se donner à 100%. Dans le film d’Anne Fontaine, Gemma Bovery, j’avais moins de responsabilités, car le rôle est plus petit. Il était peut-être plus facile à cause de cela.

Qu’est-ce qui peut vous impressionner sur un plateau?

En tout cas pas les stars, car je n’ai pas été plongé dans cette culture cinématographique. En revanche, je suis impressionné par leur capacité à jouer.

Aimeriez-vous faire un autre film avec Ursula Meier?

J’adorerais en refaire un. Elle est tellement fantastique!

Quels sont vos goûts, en cinéma?

Je ne suis pas plus cinéphile qu’avant. Je préfère les séries. Et surtout, j’ai besoin de mettre une barrière entre le cinéma et ma vie personnelle.

«Keeper» sera à l’affiche dès le mercredi 28 octobre. (TDG)

Article La Tribune de Genève
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